Nous sommes en France, en 1914.
La première guerre mondiale a commencé ; les soldats allemands, beaucoup plus nombreux que les soldats français, menacent d’envahir Paris et de prendre possession de notre pays.
Le Miracle de la Marne
C’est le Maréchal Foch qui dirige alors la neuvième armée. Il soutient ses hommes dans ce combat meurtrier et très inégal. En effet, les Allemands sont plus nombreux et vaillants. Les soldats français sont épuisés. Ils n’ont plus assez de munitions, contrairement aux Allemands qui, grâce à leur puissant armement, vont pouvoir atteindre la capitale. Toutes les conditions sont réunies pour que ces derniers sortent victorieux de cette terrible bataille !
Et pourtant… Contre toute attente, alors qu’ils avançaient sans encombre, soudain, le 8 septembre, jour de la fête de la nativité de la Sainte Vierge, ils se mettent tous, d’un seul homme, à reculer !
Surpris de ce revirement parfaitement inattendu et inexplicable, les Français gagnent cette bataille de la Marne devenue célèbre sous le nom de « miracle de la Marne », comme en témoignent les journaux de l’époque.
Que s’est-il donc passé pour que les Allemands reculent ainsi massivement ?
Plusieurs journaux de l’époque l’expliquent grâce aux confidences d’un prêtre allemand, blessé lors de cette bataille et prisonnier des Français. Avant de mourir dans une ambulance française où se trouvaient des religieuses, il leur dit :
« Comme soldat, je devrais garder le silence ; comme prêtre, je crois devoir dire ce que j’ai vu. Pendant la bataille de la Marne, nous étions surpris d’être refoulés. Car nous étions légion comparés aux Français, et nous comptions bien arriver à Paris. Mais nous avons vu la Sainte Vierge toute habillée de blanc, avec une ceinture bleue, inclinée vers Paris… Elle nous tournait le dos et de la main droite, semblait nous repousser… ce que je vous dis, vous l’entendrez sans doute dire plus tard, car nous sommes peut-être 100 000 à l’avoir vue ».
Dans les jours où ce prêtre allemand parlait ainsi, deux officiers allemands, prisonniers comme lui et blessés, entraient dans une infirmerie française de la Croix-Rouge. Une infirmière parlant allemand, les accompagnait. Quand ils entrèrent dans une salle où se trouvait une statue de Notre-Dame de Lourdes, ils se regardèrent et dirent. : « Oh, la Vierge de la Marne ! »
Notre-Dame de la Marne
Une autre religieuse, infirmière, témoigne :
» C’était après la bataille de la Marne. Parmi les blessés soignés à l’infirmerie d’Issy-les-Moulineaux, se trouvait un Allemand, très grièvement atteint et jugé perdu. Grâce aux soins qui lui furent prodigués, il vécut encore plus d’un mois. Il était catholique et témoignait de grands sentiments de foi. Il reçut les secours de la religion et ne savait comment témoigner sa gratitude. Il disait souvent : « je voudrais faire quelque chose pour vous remercier ». Enfin, le jour où il a reçu l’extrême onction, il dit aux infirmiers : « vous m’avez soigné avec beaucoup de charité ; je veux faire quelque chose pour vous, en vous racontant ce qui n’est pas à notre avantage mais qui vous fera plaisir. Je paierai ainsi un peu ma dette… Si j’étais au front, je serais fusillé, car défense a été faite, sous peine de mort , de raconter ce que je vais vous dire. Vous avez été étonnés de notre recul si subit quand nous sommes arrivés aux portes de Paris… Nous n’avons pu aller plus loin : une Vierge… Oui, une Vierge… se tenait devant nous, les bras étendus, nous repoussant chaque fois que nous avions l’ordre d’avancer…
Pendant plusieurs jours, nous ne savions pas si c’était une de vos saintes nationales : Geneviève ou Jeanne d’Arc… Après, nous avons compris que c’était la Sainte Vierge qui nous clouait sur place. Le 8 septembre, elle nous a repoussés avec tant de force que tous, comme un seul homme, nous nous sommes enfuis. »
Notre-Dame de Lourdes a donc repoussé une armée allemande prête à remporter la victoire sur la France. La statue de Notre-Dame de la Marne érigée ensuite en témoigne encore aujourd’hui !
Le Maréchal Foch avait recours à la prière des enfants
Mais pourquoi Notre-Dame est-elle ainsi intervenue pour sauver notre pays ?
Eh bien voilà : le Maréchal Foch, qui commandait cette bataille, comptait sur la prière des enfants !
Souvent, dans les villages, près du front, il rassemblait les petits qui s’amusaient sur les places, et il les conduisait à l’église où, à genoux au milieu d’eux, il leur faisait réciter quelques Je vous salue Marie.
Il ne se contentait pas de demander des prières ; lui-même était un homme de Prière.
La divine mère ne déçut pas la confiance que le Maréchal Foch avait placée en elle. Les compte rendus des journaux parus début septembre 1914 faisaient allusion au Miracle de la Marne.
Mais pourquoi cette sainte Vierge est-elle celle de Lourdes comme les soldats allemands en ont témoigné ?
La mère du Maréchal Foch connaissait Sainte Bernadette qu’elle a accompagnée à la grotte de Lourdes.
« C’est de ma mère que je tiens ma croyance en Notre-Dame. J’ai dit mon chapelet entier tous les jours de ma vie. »
–même aux jours de grande bataille ?, lui demande-t-on.
« J’en avais encore plus besoin. Maintes fois je me suis vu pris. Alors, je m’accrochais à elle, comme un enfant de deux ans s’accroche à sa mère, et elle nous a toujours sauvés !
Le 30 septembre 1919, le Maréchal Foch alla s’agenouiller devant la grotte de Lourdes pour remercier Notre-Dame du triomphe des armées. Il lui fit hommage de sa victoire.
« Les personnes qui prient prennent en main le salut de leur pays, elles sont ma force », écrivait-il à un membre de sa famille !

